Elle entendit alors la porte de sa chambre s'ouvrir à la volée et ambre, la jeune s½ur de sa mère, entra, les yeux écarquillée, comme si elle essayait de crontrôler le flot de ses larmes. Son mascara avait coulée, et ses cheveux étaient en bataille comme si elle venait de se reveiller. Elle précipita vers sa nièce et la prit dans sas bras en pleurant. Ambre la serrait fort, très fort comme si Liz voullait partir et la quitter elle aussi. Pourtant Liz ne réagissait pas, elle continuait de regarder l'homme dans les yeux sans bouger. Ambre sembla se ressaisir et embrassa Liz sur la joue avant de sortir dans le couloir avec le médecin. La lumière devenait de plus en plus eblouissante, et Liz plissa les yeux pour voir se qu'il se passait à travers la vitre de sa porte. Elle les vit discuter, il devait de toute évidence lui raconter ce qu'il c'était passé.
Liz se redressa et tourna la tête. Elle resta assise là, sur son lit, avec pour seul vêtement une chemise de nuit blanche d'un tissu désagréable. Elle n'avait pas pleuré, et même si tout dans sa position et dans ce qu'elle portait paraissait insupportable, elle ne ressentait plus rien, comme si son cerveau était sur pause. Elle fixait le mur en face d'elle sans se rendre compte à qu'elle point sa vie allait changer.
Elle n'eut aucune réaction quand sa tante Ambre revint dans sa chambre, ni même quand plus tard les oncles, tantes, grands parents et amis étaient venus pour lui apporter leur soutien. Toutes ces personnes auraient sûrement souhaité qu'elle leur dise que tout irait bien, qu'ils allaient s'en remettre même si leur frère s½ur, fils, fille, neveu avait disparu à jamais. Pourtant, elle ne disait pas un mot, ne faisait pas un geste. Elle ne pouvait saluer personne, ne réconforter personne, elle était comme vidée de toutes substances. Sa chambre d'hôpital était noire de monde pourtant, elle ne s'était jamais sentie aussi seule. Elle entendait des cris et des pleurs tout autour d'elle, mais elle n'eut aucune réaction.
La journée passa d'une lenteur inimaginable, des gens allaient et venaient dans sa chambre. Liz refusa de toucher à son plateau-repas, elle ne voyait pas l'intérêt de manger. La nuit vint alors, la famille et les amis commencèrent à partir les uns après les autres jusqu'à ce qu'Ambre fut la dernière à rester, assise dans son fauteuil en regardant tristement Liz, cette jeune fille d'habitude si vivante qui avait maintenant l'air d'une statue.
Liz tourna la tête pour admirer le ciel, splendides, pleins d'étoiles qui scintillaient. La lune surplombait le tout, aussi brillante que milles feux. Ce spectacle semblait être une sorte de récompense pour avoir survécue à cette journée.
Liz ne voulait plus penser, voulait oublier ne serais-ce qu'une nuit cette horrible journée qui avait scellé son avenir sans qu'elle ne pu rien faire. Elle était resté là, spectatrice, en laissant sa vie changer à jamais. Elle voulait juste partir, se reposer et ne plus souffrir avant de devoir accepter la réalité.
Elle ferma les yeux et s'endormit. C'est cette nuit-là que tout a commencé, le rêve. Ce rêve qu'elle n'allait pas cesser de faire chaque nuit. Les images défilaient dans sa tête, la route, les rires, le bonheur... Puis soudain, l'autre voiture, le choc puis...
- Nooon !!
Liz se réveilla en sursaut et sentit les larmes couler, ce froid si familier. Elle ne pouvait pas s'arrêter et continua donc à pleurer et pleurer toutes les larmes de son corps, comme une pluie torrentielle qui tombe sans avertir après de longues journées de soleil.
Alerter par le cri de sa nièce, Ambre s'était réveiller d'un bond et avait pris Liz dans ses bras.
- Ma Liz, ma pauvre petite, vas-y pleure, pleure, laisse toi aller.
Liz sentit le souffle de sa tante, la chaleur de son corps contre elle. Elle commença alors à se rendre compte de ce qu'elle avait perdu, les bras d'une mère dans lesquels se reposer. Elle pleura alors de plus bel, laissant les larmes couler sur ses joues et sur celles de sa tante.
Elles restèrent comme ça un long moment, pleurant toutes les deux, l'une contre l'autre, leurs cheveux s'entremêlant. Au bout d'un certain temps, Ambre sembla juger qu'il était temps de laisser Liz se rendormir et quitta la chambre, sans doute pour prendre un café.
Pourtant Liz ne pu se rendormir, elle ne se rendormirait d'ailleurs jamais après « le rêve ».